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Bienvenue en Corée

Ce que je dis le premier jour aux stagiaires qui arrivent. Pas un guide touristique — ce qu’il faut savoir pour que la première semaine se passe bien.
Le pays

Où vous êtes

La Corée du Sud est une péninsule entre la Chine et le Japon, grande comme un cinquième de la France, avec 52 millions d’habitants — dont la moitié dans la région de Séoul. Le pays est divisé depuis 1953 : le Nord est fermé, on n’y va pas, et cela ne se voit ni ne se sent dans la vie quotidienne à Séoul.

La langue est le coréen, écrite avec un alphabet propre, le hangeul, qui se lit en une heure. Cette page vous l’apprend — cela change tout pour lire un menu ou une station de métro. L’anglais est compris dans les hôpitaux, les grands hôtels et le métro ; le français, presque nulle part.

Décalage horaire : +7 h par rapport à Dakar en été (+8 h en hiver). Monnaie : le won (₩). Repère simple : 1 000 ₩ ≈ 0,65 €, donc 10 000 ₩ font environ 6,50 €.
Le drapeau

Le Taegeukgi

Vous le verrez partout. Il ne représente pas un roi ni une bataille : il représente l’équilibre.

Le cerclerouge et bleu — le taegeuk : deux forces opposées qui se complètent, le jour et la nuit, le chaud et le froid, le yang et le yin.
Les quatre trigrammesAux coins, en noir : le ciel (≡, en haut à gauche), la terre (en bas à droite), l’eau (en haut à droite) et le feu (en bas à gauche). Les quatre éléments qui encadrent l’équilibre.
Le fond blancLa paix, et la pureté — la couleur traditionnelle des vêtements coréens.
Et RiveDoréeNotre marque en haut de cette page reprend le cercle du taegeuk. Ce n’est pas un hasard.
Les premiers jours — dans l’ordre

Six choses à faire en arrivant

Dans cet ordre, parce que chacune ouvre la suivante. Nous ferons les démarches ensemble ; savoir pourquoi on les fait rend tout plus simple.

  1. 1

    À l’aéroport

    Retirez un peu de won au distributeur (les cartes françaises passent aux DAB des grandes banques — Shinhan, KB, Woori). Achetez une carte SIM ou une eSIM au comptoir des opérateurs (SK, KT, LG U+) — sans numéro coréen, rien ne marche : ni la banque, ni la livraison, ni la plupart des applications.

    Une carte SIM coréenne n’est pas un confort. C’est la clé de tout le reste.
  2. 2

    La carte T-money

    Une carte de transport rechargeable, en vente dans tous les convenience stores (CU, GS25, 7-Eleven). Elle paie le métro, le bus, le taxi. Rechargez-la en espèces à la caisse.

    Le métro de Séoul est le meilleur guide de la ville : chaque ligne a une couleur, chaque station un numéro.
  3. 3

    Les cartes bancaires

    Une carte française ne passe pas partout — surtout dans les petits restaurants, les marchés, certains distributeurs. Ayez toujours un peu d’espèces. Les grandes enseignes et le métro acceptent Visa/Mastercard.

    Si le terminal refuse la carte, ce n’est pas vous : c’est le réseau. Espèces, ou une autre caisse.
  4. 4

    Le plan

    Google Maps est incomplet en Corée — pas d’itinéraire à pied ni en voiture. Installez Naver Map ou Kakao Map (les deux ont une interface en anglais). Pour les taxis, Kakao T.

    Le taxi n’est pas cher et le chauffeur ne parle presque jamais français ni anglais : montrez l’adresse écrite en coréen.
  5. 5

    La carte de séjour (ARC)

    Au-delà de 90 jours, elle est obligatoire : rendez-vous au bureau de l’immigration. L’interprète vous accompagne. Il faut le passeport, une photo, le certificat de l’établissement d’accueil.

    Sans ARC : pas de compte bancaire, pas d’abonnement téléphonique à votre nom. C’est la première démarche.
  6. 6

    Le compte en banque

    Il ouvre la porte aux virements de la bourse et aux paiements par application. Prévoir l’ARC, le passeport, et le contrat de formation. Nous irons ensemble.

    La banque demandera un numéro coréen. Voilà pourquoi la SIM vient avant tout le reste.
Manger

Au restaurant, ce qui surprend

La cuisine coréenne est excellente, abondante et bon marché. Ce qui déroute au début, ce n’est pas le goût : ce sont les usages. Sept mots pour comprendre ce qui se passe autour de la table.

반찬banchanles petits plats d’accompagnement — gratuits et resservis, il suffit de demander
mull’eau — en libre-service, souvent dans un frigo ; on se sert soi-même
bella sonnette sur la table — on l’appuie pour appeler ; personne ne viendra sinon
돼지고기dwaejigogile porc — présent dans beaucoup de plats sans être annoncé (bouillons, kimchi jjigae, raviolis)
매워요an maewoyo« pas épicé » — à dire au moment de commander ; le niveau coréen surprend
1인분il-inbun« une portion » — les barbecues exigent souvent deux portions minimum
계산이요gyesan-iyo« l’addition » — on paie à la caisse en sortant, pas à table
Si vous ne mangez pas de porc, dites-le en montrant cette phrase : 저는 돼지고기를 먹어요jeoneun dwaejigogireul an meogeoyo, « je ne mange pas de porc ». C’est compris et respecté. Attention aux bouillons : demandez. Des restaurants halal existent à Itaewon (quartier de la mosquée de Séoul) et près des grands hôpitaux.
Se soigner

Si vous tombez malade

Vous êtes des professionnels de santé — mais dans un système que vous ne connaissez pas. Quatre repères.

Le 119

Urgences médicales et pompiers, un seul numéro. Un service en anglais existe. Dites l’adresse, l’interprète prend le relais dès qu’il est joignable.

La pharmacie 약국

Enseigne verte, souvent une croix. Beaucoup de médicaments courants sont en vente libre ; apportez la boîte du médicament français, le pharmacien reconnaît la molécule.

L’assurance

Votre assurance voyage doit couvrir l’hospitalisation. Gardez la carte et le numéro d’urgence de l’assureur sur vous.

L’hôpital où vous êtes formé

Vous y avez un badge, une blouse et un référent. En cas de problème de santé pendant la formation, c’est le premier endroit où aller — dites-le à l’interprète.

Le système de santé coréen est rapide et bon marché par rapport à la France, mais presque tout se passe en coréen. En cas de consultation, appelez l’interprète avant, pas après.
Séoul

Trois sorties pour un premier week-end

Pas une liste : trois demi-journées, choisies pour montrer trois visages de la ville. On peut les faire toutes en métro.

Gyeongbokgung → Bukchon → Insadong

Le palais et le vieux quartier

Un après-midi. Le palais principal de la dynastie Joseon, la relève de la garde, puis les ruelles de maisons traditionnelles (hanok) et la rue des galeries et des salons de thé.

Le fleuve Han — parc de Yeouido ou de Banpo

La rivière

Une fin de journée. Les Séouliens y pique-niquent, y font du vélo. Le pont de Banpo s’illumine à la tombée de la nuit.

Namsan et sa tour

La montagne au milieu de la ville

Un matin. On monte à pied ou en téléphérique. De là-haut, on comprend la taille de la ville.

Les usages

Cinq choses qu’on ne vous dira pas

L’âge et le respect

En Corée, l’âge organise la parole. On s’adresse aux aînés et aux supérieurs avec des formes polies — l’interprète le fera pour vous, mais un léger salut de la tête à la rencontre est toujours bien reçu.

Les deux mains

On donne et on reçoit — une carte de visite, un verre, un cadeau — à deux mains, ou la main droite soutenue par la gauche.

Les chaussures

On les retire en entrant dans une maison, dans certains restaurants traditionnels, dans les temples. Des chaussettes propres sont un vrai sujet.

Le repas d’équipe (회식)

Les collègues invitent souvent à dîner après le travail. C’est là que les liens se font. Si vous ne buvez pas d’alcool, dites-le simplement dès le début — « je ne bois pas » est compris et respecté ; on vous servira du soda dans le même geste.

Le silence dans les transports

On ne téléphone pas dans le métro. On parle bas. Ce n’est pas de la froideur.